Sous-thème : L’enfance

Texte : L’enfance de Maïmouna

A l’âge innocent, quand les petites filles noires ne portaient qu’une touffe de cheveux au sommet de leur crâne rasé ; Maïmouna était radieuse : un teint clair, des yeux de gazelle, une bouche trop fine peut-être, mais d’un modelé déjà net. Elle avait une taille souple, gracile, sans raideur ni noblesse affectée.

De son portrait moral, que dire mon Dieu ! C’était une fille sans caractère défini, presque sans pensée, rieuse, insouciante.

Sa mère vendait diverses denrées sur le marché du bourg. C’était selon la saison pour certains produits et toute l’année pour d’autres ; ainsi elle avait à tout moment du piment en poudre couleur de sang durci et pulvérisé ; du poisson fumé et sèche.

Elle s’appelait Daro, cette excellente femme, veuve un an après que Maïmouna fut sevrée, n’avait pas voulu se remarier. La petite Maïmouna grandissait à côté d’elle, la divertissant par son bavardage, l’enveloppant de la grâce de sa présence et ses gestes. Elle était son unique espoir, la seule perle qui fascinait encore ses yeux que plus de rien d’autre n’émerveillait.

 Abdoulaye Sadji, Maïmouna,

Édition Présence Africaine

Vocabulaire

  1. Radieuse : rayonnante de joie
  2. Gracile : grêle, mince et délicat
  3. Affecté : ici, qui manque de naturel
  4. Bourg : gros village qui a des signes de la ville

 


2020-04-25 07:32:45 / mazoughou@magoe.gn

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