Objectif : Ce cours vise à élucider l’attitude de l’élève

Intérêt : Il permet à l’élève de connaitre quel doit être le rôle de l’écrivain.

Activité d’apprentissage : Interaction

Résumé :

I. Lecture :

Texte d’illustration : René Ménil Légitime défense 1932 : « La voie de l’assimilation ».

En même temps que les gendarmes, les administrateurs, les outils de travail et de police, arrivent, dans les pays colonisés, les idées qu’ils conviennent de faire passer aux indigènes pour l’exploitation heureuse du sol conquis. Parmi les idées du colon apparaît généralement le christianisme qui recommande la résignation et qui supprime chez l’indigène tout ce qui peut gêner le bon fonctionnement de l’entreprise. Si, accidentellement, l’Antillais de couleur utilisé pour des fins économiques, même quand il fait profession de penser, tourne son activité vers la littérature, ses œuvres manifestent un effort ennuyeux pour être pareil au blanc colonisateur. En effet, il exprime généralement les sentiments que les meilleurs auteurs ont cessé d’exprimer depuis longtemps et qui sont devenus le patrimoine du français moyen (…)

Il y a des intellectuels de couleur qui sont légers, spirituels, habiles aux jeux de société et ennemis personnels de ce qu’ils appellent le « lourd esprit germanique » par quoi on risque d’éprouver des passions et, surtout, de reconnaître comme siennes des passions réellement éprouvées mais nuisibles au bon ordre des entreprises sociales. Dans les nuées, l’Antillais de couleur fait le tour des idées (esprit large, dit-il) et se trouve parmi les derniers qui se rendent compte du caractère artificiel de l’engouement pour le bric-à-brac gréco-latin, le Parthénon, la mesure et le sel attiques, etc., etc. Cette littérature abstraite et objectivement hypocrite n’intéresse personne : Ni le blanc parce qu’elle n’est qu’une maigre imitation de la littérature française d’il y a quelque temps, ni le noir pour la même raison. Il n’est pas étonnant que l’écrivain antillais, en poésie par exemple, ne propose que des « description » et des « tableaux », ou exprime et n’inspire qu’un vague ennui. Tout cela manifeste qu’il est tenu ou se tient loin de son être véritable, qu’il est hostile à la force de ses passions. Littérature, donc, factice où l’on feint d’éprouver les sentiments qu’un autre éprouve, où des complications à la Mauriac remplacent le païen et voilent amour du noir pour les réalités de ce monde (voir le ou les romans que M. René Maran a publié après Batouala). On n’y exprime ni d’étranges sursauts venus de loin, ni des révoltes millénaires, ni des besoins fondamentaux condamnés qu’ils sont pour cette seule raison qu’ils ne se rencontrent pas dans la littérature européenne. Sentiment du coupeur de cannes devant l’usine implacable, sentiment de solitude du noir à travers le monde, révolte contre les injustices dont il souffre souvent dans son pays surtout, l’amour de l’amour des rêves d’alcool, l’amour des danses inspirées, l’amour de la vie et de la joie, le refus de puissance et l’acceptation de la vie, etc., etc., voilà de quoi nos distingués écrivains ne parlent jamais et qui toucherait noirs, jaunes et blancs comme les poèmes des nègres d’Amérique touchent le monde entier. Cette littérature qui manque de ressort et s’agite vaguement, sans attache à la chair, s’est, en effet, donné pour maîtres tous ceux qui (Heredia, Banville, Samain, de Régnier, etc.) n’étaient résolus ni à s’embarquer dans le mouvement de la vie, ni à vivre en plein rêve. Ennui. L’ennui, condamnation de soi par soi, pèse sur les épaules de l’écrivain noir antillais. Ses œuvres sont ennuyées, ennuyeuses, déprimées, déprimantes.

II. Explication des mots difficiles :

Habile : Être capable d’exercer avec intelligence et souplesse.

Spirituel : Faculté de croyance religieuse.

Bric-à-brac : Ensemble d’assemblage colporter çà est là.

Être véritable : Affirmer la fierté en revendiquant sa nature Négroïde.

Factice : Littérature dans laquelle l’auteur exprime les sentiments d’autrui, tout en se réservant de ses propres sentiments.

III. Questions de compréhension :

1. De quoi l’auteur nous parle dans ce texte ?

L’auteur nous parle de l’aliénation culturelle des antillais de couleur.

2. Qu’est-ce René Ménil reproche aux écrivains antillais ?

René Ménil reproche aux écrivains antillais de servitude et de mimétisme face au rejet de soi.

Car l’écrivains antillais faisait un effort « ennuyeux » pour retransmettre les anciennes tendances européennes. Ainsi il était au service du facteur de ‘’l’aliénation culturelle’’. Tout de même que cet écrivain en relatant les sentiments d’autrui, nié son existence. Donc il se retrouve dans le rejet de soi face à la manifestation de son inexistence.

3. Quels thèmes devrait développer, selon lui, une véritable littérature antillaise ?

Au lieu d’une littérature « Factice » selon René Ménil, les écrivains antillais doivent exprimer « le sentiment de solitude du noir à travers le monde, révolte contre les injustices dont il souffre souvent dans son pays surtout … »

Outre René Ménil invite à la prise de conscience collective dans la littérature antillaise.

IV. Synthèse :

Ce texte est une satire des intellectuels antillais aliénés et il se présente comme une invitation à la prise de conscience à l’égard écrivains noirs.

 


2022-12-06 12:03:26 / saoudatoudiallo67@magoe.gn

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