Objectif du cours : Ce cours permet de découvrir les réalités de l’époque coloniale.
Intérêt : Il permet à l’élève de cerner l’ambigüité de l’altitude du colon.
Activité d’apprentissage : Interaction
Texte d’illustration : René Maran Batouala 1921 : Le noir au premier plan
Je ne me lasserai jamais de dire, proférait cependant Batouala, je ne me lasserai jamais de dire la méchanceté des « boundjou ». Jusqu’à mon dernier souffle, je leur reprocherai leur cruauté, leur duplicité, leur rapacité.
« Que ne nous ont-ils pas promis, depuis que nous avons le malheur de les connaître ! vous nous remercierez plus tard, nous disent-ils. C’est pour votre bien que nous vous forçons à travailler. »
« L’argent que nous vous obligeons à gagner, nous ne vous en prenons qu’une infime partie. Nous nous en servirons pour vous construire des villages, des routes, des ponts, des machines qui marchent, au moyen du feu, sur des barres de fer. »
« Les routes, les ponts, ces machines extraordinaires, où ça ! Mata ! Nini ! Rien, rien ! ... »
« Il y a une trentaine de lunes on achetait encore notre caoutchouc à raison de trois francs le kilo. »
Sans ombre d’explication, du jour au lendemain, on ne nous a plus payé que quinze sous la même quantité de « banga ». Ehein, quinze sous : un « méya » et cinq « bi’mbas ». Et c’est juste ce moment-là que le « Gouvernement » a choisi pour porter notre impôt de capitation de cinq à sept et même dix francs !
« Or, personne n’ignore que, du premier jour de la saison sèche au dernier de la saison des pluies, notre travail n’alimente que l’impôt, lorsqu’il ne remplit pas, par la même occasion, les poches de nos commandants. »
« Nous ne sommes que des chairs à impôt. Nous ne sommes que des bêtes de portage. Des bêtes ? Même pas. Un chien ? Ils le nourrissent et soignent leur cheval. Nous ? Nous Sommes, pour eux, moins que ces animaux, nous sommes plus bas que les plus bas. Ils nous crèvent lentement. »
Une foule suant l’ivresse se pressait derrière la troupe constituée par Batouala, les anciens, les chefs et leurs capitas.
Il eut des injures, des insultes. Batouala avait mille fois raison. On vivait heureux, jadis, avant la venue des « boundjou ». Travailler peu, et pour soi, manger, boire et dormir ; de loin en loin, des palabres sanglantes où l’on arrachait le foie mort pour leur courage et se l’incorporer - tels étaient les seuls travaux des noirs, jadis, avant la venue blanche.
A présent, les nègres n’étaient plus que des esclaves. Ils n’y avaient rien à espérer d’une race sans cœur. Car les « boudjous » n’avaient pas de cœur. N’abandonnaient-ils pas les enfants qu’ils avaient des femmes noires ? Se sachant fils de blancs, ces derniers, devenus grand, ne daignaient pas fréquenter les nègres ? Et ces blancs-noirs, en bon « boundjouvouko » qu’ils étaient, vivaient une vie à part, pleins de haine, suintant l’envie, exécrés de tous, pourris de défauts, malfaisants et paresseux.
Résumé :
Explication des mots difficiles :
Proférer : Parler en criant
Se lasser : S’empêcher ou se fatiguer d’exercer quelque chose.
Duplicité : Action de tromper.
Rapacité : Désir d’une personne à prendre les biens des autres.
Cruauté : personne méchante et violente qui fait souffrir son prochain.
Capitation : Taxe imposé par tête d’habitant.
Daigner : L’attitude d’avoir envie d’agir.
Exécré : Avoir le sentiment d’honneur extrême.
Situation du texte :
Ce texte est extrait du roman intitulé "Batouala" de René Maran publié en 1921 par les éditions Albin Michel. Son auteur R. Maran est né en 1887 à la Martinique mais d’origine Guyanaise, il a passé toute son enfance et son adolescence en France. A la fin de ses études il se lance dans l’administration coloniale.
Dans son ouvrage "Batouala", il peint l’amertume du peuple africain et l’ignominie de l’administration coloniale. Dans ce texte précisément il présente la rencontre entre le commandant de cercle et les villageois.
Question de compréhension :
1. De quoi nous parle ce texte ?
Ce texte nous parle à travers Batouala des atouts et des méfaits de la civilisation coloniale.
2.Quelles sont les atouts et les méfaits de la civilisation coloniale ?
L’installation du colon sur le territoire Africain, terre conquise destinée à être colonisée « Civilisée » a permis à l’Afrique d’avoir « des ponts, des machines qui marchent, au moyen du feu… » Cependant qu’en s’implantant sur le territoire africain, le colon a totalement ruiné la société africaine sur tous les plans.
3. Quelles sont les reproches faites aux Blancs ?
Les reproches s’articulent autour de trois axes. D’abord il dénonce la duplicité des Boundjou qui ont dupé avec de fausses promesses. Ensuite il leur reproche de leur rapacité, car les Boundjou voulaient emporter tout ce qu’ils pouvaient et ne s’intéressaient qu’à leur seul intérêt. En plus il dénonce la cruauté du blanc qui a conditionné le noir en une bête de portage, un outil de travail. Et en fin il s’insurge contre les vilenies des femmes blanches.
4.Que pensez-vous de la morale qui clôt ce passage ?
La morale qui clôt ce passage se fonde sur la situation dans laquelle se trouve une personne dominée par une puissante autre personne. Tout comme les ‘’Banda’’ asservis par les ‘’Boundjou’’ sous l’effet de la puissante domination, la résignation est un moyen de survie.
VI-Synthèse :
Ce texte est une présentation de l’état du colonisé et l’attitude inhumaine du Blanc.
2022-12-06 11:53:38 / saoudatoudiallo67@magoe.gn
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