Objectif du cours : Ce cours vise à élucider la négritude.
Activité d’apprentissage : Interaction
Résumé :
En 1960, au terme de près d’un siècle de domination coloniale, le continent africain aspire à la liberté et accède enfin à l’indépendance politique et juridique. Déjà l’expression littéraire, qu’elle émane du Maghreb ou d’Afrique noire, occupe une place non négligeable dans le panorama des idées contemporaines.
En effet, dès 1956 le premier congrès international des écrivains et artistes noirs rassemble les membres les plus éminents de l’intelligentsia du monde nègre : Aimé Césaire, Leopold Sédar Senghor, Richard Wright, Frantz Fanon, Jacques Rabemanandjara, etc… Tous s’entendent pour une "bonne décolonisation autant au plan politique que culturel".
Au deuxième congrès, en 1959, pour des hommes comme Césaire, l’un des pionniers de la Négritude avec Senghor et Leon Gontran Damas, il s’agit avant tout d’accorder aux hommes de cultures du monde Noir la part qui leur revient légitimement dans ce processus de décolonisation dont l’aboutissement juridique et politique est désormais en vue.
Quel chemin parcouru depuis 1934-35, début de ce grand mouvement de la Négritude qui a abouti à la naissance de la littérature africaine.
Origine de Négritude :
Dans un premier temps, la Négritude apparaît comme une réponse au défi de l’occident qui veut « assimiler » le monde noir, niant ses valeurs en faisant « table rase » de sa culture : « Nous n’avions, estimaient-ils (les européens), rien inventé, rien crée, ni sculpté, ni peint, ni chanté. Des danseurs ! et encore … » remarque Léopold Sédar Senghor.
Cette réponse prit surtout au départ la forme de texte poétiques et de manifeste dont le plus éclatant fut ‘’Légitime Défense’’ 1932, rédigé par une équipe de jeunes intellectuels antillais : Etienne Lérot, René Ménil, Jules Marcel Monnot, etc.… Cette revue accusait les écrivains antillais de mimétisme et de servitude à l’égard des européens, et esquissait une théorie de la littérature antillaise, inspirée des thèses de Sigmond Freud (1856-1939) et de Karl Marx (1818-1883).
A l’apparition fulgurante et sans lendemain de ‘’légitime défense ‘’, la revue n’eut qu’un seul numéro. Succéda en 1934 un petit périodique ‘’l’étudiant noir’’ crée par un groupe d’étudiant africains et antillais qui s’étaient rencontrés au quartier latin, parmi lesquels figurent Senghor, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Birago Diop, Ousmane Socé, etc. il « se proposait surtout de mettre fin au système clanique en vigueur au quartier latin » et de « rattacher les Noirs à leur histoire, leurs traditions et leurs langues ». Selon les termes mêmes de Damas.
La publication, en 1955 du ‘’ Discours sur le colonialisme’’ d’Aimé Césaire reprend, en les radicalisant, certains thèmes abordés dans les deux précédents manifestes. Dans ce rigoureux pamphlet, l'auteur s'attache à démystifier l’entreprise coloniale dont il dénonce ce qu’il considère comme des alibis. Pour lui le grand drame de l’Afrique vient de sa rencontre avec l’occident au moment où l’Europe vient de tomber « entre les mains des financiers et des capitaines d’industries les plus dénués de scrupules ».
Cette prise de distance par rapport aux maitres occidentaux, commune à Césaire et Senghor, s’accompagne d’une véritable déclaration de guerre à l’Europe : en même temps que le conflit des deux cultures est posé comme définitif et essentiel, on proclame la nécessité d’une révolution culturelle destinée à réconcilier les Noirs avec eux-mêmes et à leur permettre de reprendre en mains leur propre destin : « Que veut la jeunesse noire ?» s’interroge Senghor. « Vivre ». Mais pour vivre vraiment il faut rester soi. L’acteur est l’homme qui ne vit pas vraiment. Il fait vivre une multitude d’hommes d'affaire, mais il ne se fait pas vivre. La jeunesse noire ne veut jouer aucun rôle ; elle veut être soi. L’histoire des Nègres est un drame en trois épisodes. Les Nègres furent d’abord asservis … puis on tourna vers eux un regard plus indulgent (…) Et on a essayé de les former. On les a assimilés (..)
Les jeunes Nègres d’aujourd’hui ne veulent ni asservissement ni « assimilation ». Ils veulent l’émancipation ». Ainsi, la Négritude est née.
2020-07-03 19:54:54 / finekoumbassa@magoe.gn
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