Thème :  Technique de l'expression

Sous-thème :  Le résumé de texte

Titre : Exercice d'application

Objectif du cours : Ce cours vise à appliquer les élèves aux cours théoriques du résumé.

Intérêt du cours : Il permet aux élèves de maitriser les étapes de l'explication et leur permettre d'aborder les principes théoriques.

Supports didactiques :

Dictionnaire de français

Littérature africaine anthologie Jacques chevrier et E.A. Tidjane Traoré P.101

Motivation : Inviter les élèves à suivre le cours.

Activité d'apprentissage :  Interaction.

Texte d'étude

Climbié marche, la tête pleine d'idées, cherchant le moyen de se débarrasser au plus tôt ce petit cube, si lourd parce qu'il est le symbole même de l'enseignement dispensé.

Le symbole ! Vous ne savez pas ce que c'est ! Vous en avez de la chance. C'est un cauchemar ! Il empêche de rire, de vivre dans l'école, car toujours on pense à lui. On ne cherche, on ne guette que le porteur du symbole. Où est-il ? N'est-il pas chez celui-là ? Chez cet autre ? Le symbole semble être sous le pagne, dans la poche de chaque élève. L'on se regarde avec des yeux soupçonneux. Le symbole a empoisonné le milieu, vicié l'air, gelé les cœurs ! Vous ne savez pas ce que c'est, ni quelle en est la cause ? Écoutez : les inspecteurs au cours de leurs multiples visites dans les écoles ont souvent repéré des « ânes » ne portant point bonnet et constaté les attitudes par trop cavalières des élèves à l'égard de la langue de Vaugelas. Rien n'est aussi douloureux que d'entendre mal parler une langue maternelle, une langue qu'on entend, qu'on apprend dès le berceau, une langue supérieure à toutes les autres, une langue qui est un peu soi-même, une langue toute chargée d'histoire et qui, à elle seule, pour un peuple, atteste son existence. A l'école, dans les rues, dans les casernes, dans les magasins, c'est le même massacre de la langue française. Cela devient un supplice intolérable. Il faut donc prendre le mal à son origine. Les nombreux rapports d'inspection avaient déjà souligné les déficiences de l'enseignement du français dans les écoles primaires, les élèves ayant la fâcheuse tendance de toujours se parler en dialecte, plutôt qu'en français. ( ... )

Cette pénible situation ne pouvait vraiment pas durer. Elle n'amenait que des rancœurs de part et d'autre. Il fallait y porter remède. Aussi décida-t-on de proscrire l'usage des dialectes dans les écoles primaires. L'on voulait de cette façon former rapidement des hommes vrais, des hommes qui, en toutes circonstances, jamais ne perdrait le nord. Des hommes bien axés, ayant les pieds bien enfoncés dans les pratiques de chez eux, et non point des girouettes tournant au moindre zéphyr...

La décision fut donc prise et des circulaires partirent dans tous les coins de la brousse, dans les plus petites écoles des villages : « Défense de parler les dialectes dans l'enceinte de l'école. » C'était précis. Les zones bien délimitées. Et de ce jour-là naquit le symbole, un morceau de bois, une boîte d'allumettes, n'importe quoi, remis au premier de la classe, à charge pour lui de le donner immédiatement à l'élève surpris en train de parler son dialecte. Ainsi, du jour où lu le symbole parut, un froid régna sur l'école. L'on chantait bien au début comme à la fin des classes, mais pas avec le même abandon, le même entain, la même fougue. Et les récréations, joyeuses, bruyantes, ces récréations attendues impatiemment lors d'une leçon mal sue, ou lorsque l'esprit vagabonde vers une partie de bille inachevée, ces récréations qui faisaient penser à une volière brusquement ouverte, elles aussi, hélas, s'en ressentirent.

Bernard Dadié

" Climbié " Ed. Seghers, 1956

Cosigne :

Résumez ce texte au quart de sa longueur avec une marge de tolérance de plus ou moins dix pourcents.

1 - Identification du nombre de mots à résumer :

Sachant que :

N = Q ± M

M = Q.P ÷ 100

Q = T.F

T= 535

F = ¼

P = 10 %

Q = T.F = 535.¼ = 133,7 ≈ 134

M = Q.P ÷ 100 = 134.10 / 100 = 13,4 ≈ 13

N = Q ± M = 134 + 13 = 147

                       134 -13 = 121

N = [ 121 à 147 ]

Résumé possible

Portant au cou le symbole, Climbié est perturbé. Avez-vous une idée du symbole ? Il a semé le trouble dans les écoles et empêché l'expression des dialectes. Il vous prive la joie et même l'existence. Mais d'où vient-il ?

Du constat des inspecteurs de la présence des « ânes », tripatouillant la langue de Vaugelas. Dans tous les milieux, le français était massacré, ça en est trop pour une langue chargée d'histoire. La décision fut immédiate et elle apparut dans les circulaires : « Défense de parler les dialectes dans l'enceinte de l'école. »

Ainsi paru le symbole, un objet ridicule que portait au cou tout élève s'exprimant dans son dialecte à l'école. C'était le calvaire, les recréations moroses et l'engouement du milieu scolaire s'estompa.


2020-08-02 19:10:14 / lamsso93@magoe.gn

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