1. Introduction

La communication des abeilles a fait l'objet de nombreuses études. Grâce aux travaux de l’éthologue autrichien Karl von Frisch en 1944, nous savons que la communication chez les abeilles est très élaborée. Elle permet la cohésion de la ruche, la reconnaissance entre individus, la diffusion des alertes, mais également le repérage des sources de nourriture, d'eau, de résines, ou des emplacements possibles d'implantation. Elle est basée sur les échanges tactiles à l'aide des antennes, sur des messagers chimiques appelés phéromones, et sur un comportement remarquable : les danses des abeilles.

1.1. Définitions

a. Le parasitisme

Le parasitisme est l’état d’un organisme vivant appelé parisite qui vit à l’intérieur d’un autre appelé hôte tout en cousant des difficultés sanitaires à ce dernière.

Exemples : l’amibe dysentérique ; les plantes épiphytes qui poussent sur d’autres plantes.

b. La symbiose

La symbiose est aussi une ferme de relation dans laquelle les espèces qui vivent en association partage les bénéfices à part égale.

Exemple : un lichen résulte d’une association symbiotique entre population d’algues et de champignons.

2. Les moyens de communication des abeilles

2.1. Les contacts antennaires

Les contacts antennaires sont principalement utilisés lors des échanges de nourriture. Une butineuse ayant collecté du nectar le conserve dans son jabot. Arrivée à la ruche, elle le régurgite et le transmet à une autre abeille qui ira le stocker. Cet échange est la trophallaxie.

L'hyménoptère qui recueille le nectar place ses antennes entre les mandibules de la butineuse pour la solliciter et étend sa langue. La butineuse répond à la demande par des mouvements d'antennes spécifiques et régurgite le nectar. D'autres mouvements d'antennes indiquent la fin de l'échange.

https://magoerevision.com/imgUpload/imageExosMatiereurl_copy_chapitre_temps1650879300.png

2.2. Les phéromones

Les phéromones sont des substances chimiques émises par de nombreux animaux et qui agissent comme des messages olfactifs sur des individus de la même espèce. Les mammifères et les reptiles captent ces odeurs par l'intermédiaire d'un organe voméro-nasal (organe de Jacobson) situé sous la surface intérieure du nez, tandis que les insectes les captent grâce aux antennes. Chez les abeilles, les phéromones sont dispensées par une glande spécifique (glande de Nasanov), située sur la face dorsale de l'abdomen. Les substances émises ont de nombreuses fonctions. Elles peuvent agir sur le comportement (phéromones incitatrices) ou sur la biologie (phéromones modificatrices) :

  • Les phéromones de territoire ou de marquage servent à délimiter l'environnement dans lequel évolue une colonie.
  • Les phéromones d'alarme sont libérées en cas d'agression et permettent de coordonner la fuite des butineuses ou l'attaque du prédateur. Elles sont également utilisées pour battre le rappel des insectes égarés ou les ouvrières effectuant leurs premiers vols de reconnaissance.
  • Les phéromones sexuelles indiquent la disponibilité des femelles (jeunes reines) à être fécondées.
  • Les phéromones royales de la reine ont plusieurs origines et diverses utilités. Celles produites par les glandes mandibulaires, aisément dispersées au sein de la ruche par échange de nourriture, inhibent les abeilles en empêchant la construction d'autres alvéoles royales, et donc l'essaimage, et bloquent le fonctionnement ovarien des ouvrières.

https://magoerevision.com/imgUpload/imageExosMatiereurl_copy_chapitre_temps1650879378.png

Ouvrières diffusant un message de regroupement

Après l'ouverture de la ruche, certaines abeilles battent le rappel : ailes en action pour diffuser la phéromone et abdomen relevé. On aperçoit une tache blanchâtre (flèches) entre les deux derniers anneaux de l'abdomen (les "tergites") : c'est la glande de Nasanov, produisant le messager chimique.

2.3. La danse des abeilles

Ce mode de communication si particulier paraît presque incroyable. Il s'agit d'un langage abstrait, complexe et sophistiqué, permettant de transmettre une quantité considérable d'informations. Les abeilles s'en servent pour indiquer l'emplacement de sources de nourriture, d'un endroit favorable à l'implantation de la colonie, mais aussi de points d'eau ou de zones de récolte de résines pour la propolis. Non seulement le lieu est situé précisément, mais des informations quantitatives et qualitatives sont fournies !

Les danses des abeilles ont étés décrites dès la fin du XVIIIème siècle, mais ce n'est qu'au XXème siècle que l'éthologue Karl Von Frisch propose une explication rationnelle partielle. Ses découvertes lui ont valu le prix Nobel en 1973 en compagnie de Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen.

Pour situer et caractériser une source de nourriture, deux danses sont possibles : la danse en rond pour les sources proches (quelques dizaines de mètres de la ruche) et la danse frétillante au-delà et jusqu'à plusieurs kilomètres.

a. La danse en rond

L'abeille éclaireuse de retour à la ruche décrit des cercles : après un tour, revenu à son point de départ, elle fait demi-tour et reprend sa figure en sens inverse. Les suiveuses repèrent cette agitation et prennent des informations supplémentaires par l'odeur, le goût et la palpation au moyen de leurs antennes. La danseuse ne transmet pas d'informations de direction.

Description de la danse en rond des abeilles

b. La danse frétillante ou danse en huit

L'abeille éclaireuse parcours un segment de droite tout en frétillant de l'abdomen et en bourdonnant des ailes. Elle revient rapidement à son point de départ par un demi-cercle, parcours de nouveau en frétillant la ligne droite puis revient par un demi-cercle symétrique au premier : elle décrit ainsi un "huit". Le segment de ligne droite indique la direction de la source de nourriture par rapport au soleil : dans l'obscurité de la ruche, l'angle de ce segment avec la verticale (noté α) correspond à celui de l'axe ruche-soleil avec la direction à prendre.

La largeur du huit, la fréquence du frétillement, l'odeur, le goût et la palpation par les suiveuses sont autant de paramètres renseignant sur la nature, la qualité et la quantité de nourriture ainsi que la distance à parcourir. Les suiveuses récupèrent ainsi les informations avant de s'envoler hors de la ruche.

Description de la danse en huit des abeilles  https://magoerevision.com/imgUpload/imageExosMatiereurl_copy_chapitre_temps1650879551.png

Le décryptage de la danse frétillante des abeilles à permis de mettre en évidence leurs extraordinaires facultés.

Tout d'abord la précision de l'angle déterminé par la danseuse est remarquable, l'erreur n'excédant pas ± 3°.

De plus, au cours de sa danse l'éclaireuse s'adapte à la course du soleil en modifiant l'angle présenté à ses congénères : elle tient compte du temps écoulé depuis le départ de la source de nourriture !

De même les suiveuses s'adapteront au temps de parcours nécessaire : les abeilles ont un sens inné du temps, elles possèdent une horloge biologique. Cette horloge leur sert à évaluer la distance de la source puisque c'est un temps de vol qui est transmis, ce qui permet de compenser les obstacles et la topologie du terrain, ainsi que le sens et l'intensité du vent.

Leurs capacités d'abstraction sont impressionnantes également : la direction à prendre leur est transmise sur un plan vertical (celui du rayon de cire), elles le retranscrivent dans l'espace à la sortie de la ruche.

Si le soleil est masqué par les nuages, il leur suffit d'un coin de ciel bleu pour, à partir de la polarisation de la lumière solaire à laquelle elles sont sensibles, de reconstituer la position de l'astre et donc de s'orienter.

c. La danse du domicile ou danse de l'essaim

C'est un élève de Karl Von Frisch, au début années 1950 qui est l'origine du décryptage de ce comportement.

Au cours de l'essaimage, les abeilles se regroupent non-loin de la ruche en une grappe et se mettent à la recherche d'un nouveau domicile : plusieurs centaines d'éclaireuses sont envoyées en reconnaissance.

A leur retour, les éclaireuses se posent directement sur la grappe de l'essaim. Elles entament alors une danse calquée sur la danse frétillante.

Un chercheur américain, Thomas Seeley, a démontré que de nombreux critères de choix sont évalués et transmis :

  • Le volume de la cavité découverte ;
  • Son isolation thermique ;
  • La taille de l'entrée ;
  • La protection au vent ;
  • La protection à l'humidité ;
  • Etc.

La durée et l'intensité de la danse est proportionnelle à l'intérêt estimé du site d'installation découvert. Les éclaireuses ainsi informées vont à leur tour inspecter le site potentiel. Le repérage peut ainsi durer plusieurs jours. Peu à peu, les sites d'intérêt moindre sont éliminés jusqu'à parvenir à un choix unique.

Le consensus est donc établi par les éclaireuses elles-mêmes, puis c'est tout l'essaim qui reprend sa route et va s'établir à l'emplacement choisi.

Ce système remarquable dans le monde du vivant de démocratie représentative, basé sur l'échange et la vérification d'informations, est donc à l'origine du choix du lieu d'implantation, fondamental pour la survie de la colonie toute entière.

3. Comment se nourrissent les abeilles ?

Les abeilles produisent du miel étant donné que ce dernier est la base principale de leur alimentation. Elles produisent aussi du pollen, également nutritif et essentiel pour elles. Aussi bien le miel que le pollen ont un processus de synthétisation long et exigeant, qui requiert la participation de nombreux membres de la ruche, qui, parfois, doivent courir de grands risques pour obtenir le nectar.

Quand le miel et le pollen sont prêts, elles l'emmagasinent dans les cellules des parois de leur ruche, où elles le sellent pour qu'il se conserve bien jusqu'à ce qu'il soit consommé. Elles sont si douées dans ce qu'elles font, qu'elles sont capables de conserver le miel durant plusieurs années et ce dernier sera exactement dans le même état que lorsqu'il a été synthétisé.

Quand elles ont besoin d'accéder à la nourriture, elles retirent la cire qui leur a permis de seller la cellule et elles n'ont qu'à se servir de miel et de pollen afin de pouvoir nourrir l'intégralité de la ruche et d'en assurer sa survie, ainsi que d'assurer la continuité du cycle de vie des abeilles mellifères. C'est pour cette raison que lorsque les apiculteurs collectent le miel, ils le font en faisant attention aux proportions qu'ils prennent car si elles sont appropriées, les réserves seront plus que suffisantes pour l'autoconsommation des abeilles.

4. Comment se défendent les abeilles ?

Avoir en sa possession un bien si apprécié et convoité par d'autres espèces, y compris la nôtre, qu'est le miel, les abeilles ont besoin de savoir le protéger. Pour ce faire, elles peuvent compter sur plusieurs stratégies, même si leur stratégie la plus connue reste leur piqûre.

Les abeilles qui défendent la ruche sont les abeilles ouvrières qui protègent ou défendent la ruche. Ce sont elles qui sortent défendre la ruche quand un prédateur, comme les blaireaux, qui adorent le miel, s'approchent de leur maison.

Chez ces abeilles, le dard est serré, ce qui fait que lorsqu'il pénètre la peau de sa victime, il ne tombe pas, prolongeant ainsi le temps d'exposition au venin qu'elles sécrètent. Ce venin, bien qu'il ne soit pas mortel dans la majorité des cas, provoque douleur et mal-être.

Mais cette défense coûte très cher aux ouvrières car le fait que leur dard soit serré fait que leur piqûre soit mortelle pour elle. Voici une des principales différences entre les guêpes et les abeilles. De cette manière, comme le dard reste planté dans la victime, quand l'abeille s'envole après avoir piqué, elle s'arrache complètement le ventre et meurt à petit feu. Voici combien sont loyales et courageuses ces petites abeilles car elles n'hésiteront pas une seule seconde à mettre leur vie en jeu pour défendre la ruche


2020-05-30 12:47:33 / finekoumbassa@magoe.gn

0 commentaires

Votre impression compte aussi