Terre de promesses et d’espoirs multiples, l’Afrique est vue comme le continent du futur. Comme pour confirmer ces espérances, le continent noir enregistre depuis plusieurs années une accélération de sa croissance économique, et cette tendance devrait se maintenir pour les prochaines années.
Pourtant, l’accroissement de la richesse des nations africaines, ces dernières années, pourrait sembler de la « poudre aux yeux », tant elle peine à atteindre les populations même. A cet effet, certains des indicateurs les plus frappants, restent ceux du chômage et du sous emploi, dont la résorption ne suit pas le rythme effréné des croissances africaines…
Le fléau touche principalement les jeunes qui représentent déjà plus de 60% de la population.

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les pays de la région nord-africaine détiendraient le record des taux les plus élevés de chômage, parmi toutes les régions du monde. En 2017 le taux moyen du chômage dans la région était de 11,7% soit 8,7 millions de chômeurs. Cette situation s’expliquerait non seulement par le contexte géopolitique très tendu de la région, mais également par une prédominance, au sein de la population, des jeunes et des femmes qui sont les plus touchés par le phénomène. C’est le cas notamment de la Tunisie qui a enregistré un taux 15,4% au premier semestre 2018, soit plus que la moyenne régionale pour toute l’année 2017.
Si les chiffres de l’Afrique subsaharienne sont nettement moins élevés, il faut remarquer par contre que la courbe du chômage dans la région s’est inscrite dans une phase ascendante. Ainsi, en 2017, la région a connu un taux de chômage de 7,2% et ce chiffre devrait rester stable cette année selon l’OIT, mais monter d’un cran en 2019 pour atteindre 7,3%. Ceci implique donc que, de 29,1 millions de chômeurs enregistrés en 2017, la région devrait connaître une hausse de ses chômeurs à 30,2 millions en 2018 et 30,3 millions en 2019.
Malgré des taux de croissance impressionnants (4,7% en moyenne entre 2000 et 2017) les pays africains restent donc marqués par des niveaux de chômage inquiétants, touchant à la fois les pays les plus riches comme les plus pauvres du continent. A titre illustratif, le taux de chômage en Afrique du Sud était de 27,7% en 2017 et la tendance devrait aller crescendo dans les prochaines années selon les prévisions de l’OIT. En Afrique centrale, la création nette d'emplois est négative dans le secteur formel depuis 2015, selon un récent rapport de l’Union Africaine (UA).
Non seulement les économies africaines enregistrent de forts taux de chômage, mais les emplois précaires ne cessent de s’accroître sur le continent au fil des années. Ainsi, selon l’OIT, trois travailleurs africains sur quatre auraient un emploi vulnérable.
Dans un rapport publié récemment, l’UA indique que 282 millions de travailleurs africains ont un emploi vulnérable. Si les tendances actuelles persistent, la part de l'emploi vulnérable en Afrique restera à 66 % jusqu'en 2022 ; loin de l'objectif de l'Agenda 2023 de l’UA visant à atteindre moins de 41 % d’emplois vulnérables d'ici 2023.
D’un autre côté, la majeure partie des travailleurs africains sont généralement employés dans l’informel. Selon les statistiques de l’OIT, la part de l’informel dans les économies d’Afrique subsaharienne se situerait dans l’intervalle de 34% (l’Afrique du Sud) et de 90,6% (Bénin). La part importante du secteur informel caractérisé généralement par des niveaux élevés de pauvreté, d’inégalité et d’emploi de « faible qualité », traduisent ainsi le manque criard d’opportunités d’emplois formels auquel font face les demandeurs d’emplois africains.
Malheureusement, cette situation a de lourdes conséquences sur les perspectives de développement des nations africaines.
2018-10-17 11:27:46 / mazoughou@magoe.gn
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