L'insuffisance de l'offre d'emplois

L'insuffisance de l'offre d'emploi est caractérisée par une croissance démographique contre une faible croissance économique

En Afrique, seuls 3 millions d’emplois formels sont créés par an alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Pire, au fil des ans, le rythme de création d’emplois formels n’accélère pas autant que celui des jeunes entrants sur le marché du travail.

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De plus même les emplois actuellement disponibles font face à de sérieux risques. Selon de récentes projections que vient de livrer la Banque mondiale, près de 70% des emplois actuels risqueront de disparaître dans les pays en voie de développement en raison notamment des mutations que connait le marché du travail avec notamment l'effet qu'induit la montée en puissance de l'automatisation surtout dans le secteur industriel. «  Les estimations montrent que les deux tiers des postes qui existent aujourd'hui dans les pays en développement seront détruits par l'automatisation », a ainsi expliqué le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim qui intervenait dans une conférence tenue récemment en Californie au sein du Milken Institute.

 

L'hypertrophie du secteur tertiaire

La majeure partie des travailleurs africains sont généralement employés dans l’informel. Selon les statistiques de l’OIT, la part de l’informel dans les économies d’Afrique subsaharienne se situerait dans l’intervalle de 34% (l’Afrique du Sud) et de 90,6% (Bénin). La part importante du secteur informel caractérisé généralement par des niveaux élevés de pauvreté, d’inégalité et d’emploi de « faible qualité », traduisent ainsi le manque criard d’opportunités d’emplois formels auquel font face les demandeurs d’emplois africains.

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Mauvaise politique gouvernementale

Une des grandes difficultés en Afrique Subsaharienne est l’absence de structuration du marché de l’emploi, où l’offre et la demande peuvent se rencontrer. La rigidité des règlementations existantes dans les pays, réduisent la capacité des entreprises à créer à beaucoup d’emplois.

Beaucoup de jeunes quittent la campagne pour la ville dans l’espoir d’y trouver des emplois et de meilleures conditions de vie. Mais parce que la plupart des pays ne se sont pas encore engagés sur la voie de l’industrialisation, les centres urbains ne sont pas en mesure de les satisfaire.

 

Inadéquation de la formation à l'emploi

Parmi les jeunes entrants sur le marché de l'emploi, la plupart n’ont pas le niveau ou sont mal préparés pour occuper les postes à pourvoir. Ils se font donc doubler par leurs aînés qui, en plus d’avoir de l’expérience, ont aussi un réseau qui leur permet d’être mieux informés sur les opportunités.

La plupart des jeunes diplômés sortis des universités et centres de formations, ne répondent généralement pas aux besoins du marché de l’emploi. Ainsi, les écoles africaines formeraient plus de jeunes travailleurs aux sciences sociales, qu’aux sciences techniques.

Ainsi, les écoles africaines formeraient plus de jeunes travailleurs aux sciences sociales, qu’aux sciences techniques.

A titre illustratif, Dramane Haidara, cadre de l’Organisation Internationale du Travail affirmait « Les économies africaines sont rurales à 80%, et pourtant il n’y a pas un seul lycée agricole digne de ce nom en Afrique ».

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L’inadéquation entre l’offre et la demande du marché de l’emploi.

Selon les statistiques, si 10 à 12 millions de chômeurs arrivent sur le marché du travail chaque année en Afrique, seuls trois millions d’emplois sont créés, ce qui laisse environ 7 à 9 millions de chômeurs. Ainsi, non seulement le rythme de création d’emplois formels n’évolue pas au rythme des jeunes entrant sur le marché du travail, mais un nombre important de ces derniers, reste peu qualifié pour répondre aux exigences du marché du travail.

La quasi inexistence de l’adéquation formation-emploi, couplée au manque de vision des décideurs locaux expliqueraient donc le peu d’opportunités disponibles pour la jeunesse africaine qui se voit concurrencée par une ancienne génération plus « expérimentée » et généralement peu encline à laisser la place aux jeunes.

 


2016-11-01 06:41:27 / mazoughou@magoe.gn

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