Objectifs spécifiques
À l'issue de la leçon, l'élève doit être capable de :
- Définir la notion d'impérialisme et situer la période de l'expansion coloniale en Afrique ;
- Expliquer les causes économiques, politiques et idéologiques de l'impérialisme européen ;
- Décrire les modes et étapes de la pénétration coloniale en Afrique ;
- Citer les principaux foyers et figures de la résistance africaine ;
- Analyser les limites de ces résistances et les conséquences de la colonisation.
I. Définition et cadre historique
L'impérialisme désigne la politique par laquelle une puissance étend sa domination politique, économique et militaire sur des territoires et des peuples étrangers, par la conquête, la contrainte ou l'influence. Appliqué à l'Afrique, ce terme renvoie à la période de conquête et de partage du continent par les puissances européennes, particulièrement intense entre 1880 et 1914, période parfois appelée la « course à l'Afrique ».

Avant cette phase de conquête généralisée, la présence européenne se limitait surtout à des comptoirs côtiers liés au commerce (dont la traite négrière). À partir des années 1870-1880, la rivalité entre puissances européennes s'intensifie et débouche sur une occupation systématique de l'intérieur du continent.
II. Les causes de l'impérialisme en Afrique
1. Causes économiques
- Recherche de matières premières nécessaires à l'industrie européenne (or, caoutchouc, huile de palme, coton, minerais) ;
- Recherche de nouveaux débouchés commerciaux pour écouler les produits manufacturés ;
- Placement des capitaux accumulés grâce à la révolution industrielle.
2. Causes politiques et stratégiques
- Rivalités entre grandes puissances (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Portugal, Italie, Espagne) pour l'agrandissement de leur empire ;
- Volonté de prestige national et de puissance sur la scène internationale ;
- Contrôle de positions stratégiques (routes maritimes, canal de Suez, littoraux).
3. Causes idéologiques et religieuses
- Théories européennes du XIXᵉ siècle prétendant hiérarchiser les peuples, utilisées pour justifier la domination ;
- Idée d'une « mission civilisatrice » de l'Europe envers l'Afrique ;
- Volonté d'évangélisation portée par les sociétés missionnaires.
4. Facteurs techniques favorisant la pénétration
- Progrès des transports (bateau à vapeur, chemin de fer) ;
- Supériorité de l'armement (armes à répétition, artillerie) ;
- Progrès médicaux, notamment la quinine, qui réduisent la mortalité européenne liée au paludisme.
III. Les modes et étapes de la pénétration coloniale
- L'exploration du continent par des voyageurs et explorateurs qui reconnaissent les territoires et en dressent les cartes ;
- L'installation de missions religieuses, souvent en avant-garde de la présence européenne ;
- L'implantation de comptoirs commerciaux sur les côtes, puis leur extension vers l'intérieur ;
- La signature de traités de « protectorat » avec des chefs et souverains africains, obtenus par la négociation, la ruse ou la pression ;
- Le recours à la conquête militaire contre les royaumes et États qui refusent la soumission.
La Conférence de Berlin (1884-1885), réunissant les principales puissances européennes, fixe les règles du partage de l'Afrique entre elles, notamment le principe de « l'occupation effective » : un territoire ne peut être revendiqué par une puissance que si celle-ci y exerce une autorité réelle. Cette conférence se tient sans qu'aucun représentant africain n'y soit associé.
IV. Les résistances africaines à la pénétration et à l'occupation coloniales
1. La résistance armée
De nombreux royaumes et États africains opposent une résistance militaire à la conquête européenne. On peut citer notamment :
- Samory Touré, fondateur de l'empire Wassoulou, qui mène une longue lutte contre la pénétration française en Afrique de l'Ouest (actuelles Guinée, Mali, Côte d'Ivoire) ;
- Béhanzin, roi du Dahomey, qui s'oppose à la conquête française ;
- Rabah, dans la région du lac Tchad, face à l'avancée française ;
- Les royaumes Ashanti, en résistance contre les Britanniques en Afrique de l'Ouest ;
- Les Zoulous, en Afrique australe, face aux Britanniques ;
- Les Héréros, en Afrique du Sud-Ouest allemande, face à la colonisation allemande ;
- L'Éthiopie de Ménélik II, qui inflige à l'Italie une défaite décisive à Adoua en 1896 et préserve ainsi son indépendance.
2. La résistance politique et diplomatique
- Refus de certains chefs de signer des traités de protectorat ;
- Recherche d'alliances entre royaumes voisins pour faire face à la menace commune ;
- Usage de la négociation pour retarder ou limiter la pénétration européenne.
3. La résistance culturelle et religieuse
- Maintien des institutions, des langues et des pratiques religieuses traditionnelles ;
- Apparition de mouvements religieux et messianiques mobilisant les populations contre l'occupant.
4. Les limites de ces résistances
- Infériorité technique et militaire face aux armes modernes européennes ;
- Divisions et rivalités entre royaumes et sociétés africaines, exploitées par les puissances coloniales ;
- Absence de coordination à l'échelle du continent.
V. Les conséquences de l'impérialisme et de la colonisation
- Tracé de frontières artificielles, sans lien avec les réalités ethniques et culturelles africaines ;
- Mise en place d'une économie orientée vers les besoins des métropoles européennes (cultures d'exportation, travail forcé) ;
- Construction d'infrastructures (chemins de fer, ports) principalement destinées à l'exploitation des ressources ;
- Transformations sociales et culturelles profondes (langues, religions, systèmes d'éducation) ;
- Emergence, au fil du XXᵉ siècle, de mouvements nationalistes qui conduiront aux indépendances africaines.
Conclusion
Lexique
- Impérialisme : politique d'expansion et de domination d'un État sur d'autres territoires ou peuples.
- Protectorat : régime dans lequel une puissance coloniale exerce son autorité sur un territoire tout en laissant, en apparence, une autorité locale en place.
- Occupation effective : principe fixé à la Conférence de Berlin selon lequel une puissance doit exercer une autorité réelle sur un territoire pour pouvoir le revendiquer.
- Résistance : ensemble des actions (armées, politiques, culturelles) menées par les Africains pour s'opposer à la pénétration et à l'occupation coloniales.
2026-09-24 10:11:20 / mazoughou@magoe.gn
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