DEFINITION DU SOUS-DEVELOPPEMENT.

La question relative à la définition du sous-développement est depuis les années « 50 » une source de division et de contradiction au sein de communauté scientifique. Cette division est fonction dans un premier temps des facteurs originels du sous-développement, dans un second cadre du caractère complexe et multiforme du phénomène. C’est pourquoi le sous-développement apparait comme « Une notion difficile à définir ».

Ainsi, pour nos besoins d’études, énumérons et analysons quelques essais de définitions :

Selon JEAN DE LARGENTAGE, « Le sous-développement est le faible degré d’exploitation des ressources naturelles ». L’auteur considère les ressources naturelles (Mines, sources d’énergie, sols, …) comme un instrument d’impulsion du développement.

Selon FRANCOIS PERROUX, « Le sous-développement est la situation d’incapacité d’un pays à couvrir pour la majorité de sa population les frais fondamentaux du statut humain de la vie ». Ici, le développement et le sous-développement se mesurent par l’aisance humaine.

Selon PIERRE MOUSSA, « Un pays sous-développé ne peut se définir que par rapport à un pays développé ». L’autre trouve tous les pays du monde, exceptés ceux ultradéveloppés, comme sous-développés.

Selon CHARLES BETHLEEM, « Un pays sous-développé est un pays dominé, exploité, déséquilibré et assujetti par l’impérialisme ». Il fait du sous-développement le fruit ou la conséquence de la domination ou de l’impérialisme occidental.

Selon WALT WITTMAN ROSTOW, « Le sous-développement est une simple traine dans le processus de développement ». A ce niveau, les pays sous-développés sont considérés comme des pays incapables de s’adapter au monde moderne.

En conclusion, retenons de toutes ces définitions et des réalités des pays sous-développés que LE SOUS-DEVELOPPEMENT EST UN DESEQUILIBRE SOCIO-ECONOMIQUE D’UN PAYS OU D’UNE REGION SE TRADUISANT D’UNE PART, PAR LA FAIBLESSE ECONOMIQUE, ET D’AUTRE PART, PAR L’INSATISFACTION SOCIALE DES POPULATION. C’est-à-dire que le développement et le sous-développement ne sont pas uniquement fonction de la puissance économique. D’où par conséquent tout pays riche n’est pas forcément un pays développé.

B-  LES GROUPES DE PAYS SOUS-DEVELOPPES.

Considéré autre fois comme un « tout » c’est-à-dire un ensemble homogène, constitué de pays aux réalités économiques et sociales plus ou moins identiques, le monde en développement, les disparités économiques, sociales, politiques et culturelles qui caractérisent les pays qui le compose, se présente aujourd’hui comme un monde multiforme. C’est dans cette dynamique que cette affirmation stipule : « Le tiers-monde, une réalité dans les années 50, un mensonge aujourd’hui ».

Ainsi, du point de vue socio-économique : Niveau de croissance économique, revenu/habitant/an, degré de pauvreté, … nous pouvons segmenter cet ensemble en cinq (5) sous-ensembles ou groupes à savoir :

1- LES NOUVEAUX PAYS INDUSTRIALISES (NPI) : Ce sont les pays en rattrapage ou en émergence économique qui ont un niveau de croissance économique très élevé excédent celui des pays développés et cela grâce à leur industrialisation qui a pris son envol dans les années « 70 ». Ils occupent aujourd’hui une position stratégique dans l’économie mondiale (Exportations, investissements étrangers, consommation du pétrole et matières premières, ...).

Exemple : La Corée du Sud, la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud, …

2- LES PAYS PETRLIERS A REVENUS TRES ELEVES (PPRTE) : Réunis au sein de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), disposent grandes capacités financières par la vente leur pétrole (Or noir). Leurs économies sont en retard avec la faiblesse des principales activités économiques (Agriculture et industrie). Les richesses restent aussi mal partagées.

Exemple : Arabie-saoudite, Emirates arabe-unis, Nigéria, Venezuela, …

3- LES PAYS A REVENUS INTERMEDIAIRES (PRI) : Ce groupe résulte de la subdivision de la banque mondiale des pays de la planète selon le revenu national brut (RNB) dont le classement parait chaque 1er juillet. En 2013, la tranche inférieure était 1.036 à 4.085 dollars et celle supérieure de 4.086 à 12.614 dollars. Exemple : Maroc, Philippines, Bolivie, Costa-Rica, Egypte, …

4- LES PAYS MOINS AVANCES (PMA) : Cette catégorie de pays est créée en 1971 par l’organisation des Nations-Unies dans son cadre de lutte contre la pauvreté par le biais de son agence PNUD. Ils sont considérés comme les plus pauvres, un revenu/habitant/an inférieur à 1.025 dollars avec une déliquescence économique poussée. En octobre 2020, ils étaient 47 à travers le monde dont 33 en Afrique subsaharienne, 9 en Asie, 4 en Océanie et 1 en Amérique latine.  

Exemple : La Guinée, le Bangladesh, le Burkina, …

5 LES PAYS PAUVRES TRES ENDETTES (PPTE) : Créés par un programme conjoint appelé Initiative Pays Pauvres Très endettés de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en 1996 et révisé en 1999 pour rendre gérable et soutenable leur dette, ces pays restent les plus pauvres et endettés du monde. En septembre 2006, les PPTE étaient au nombre de 42 dont 30 en Afrique. Aujourd’hui, ils sont quatre (4) à savoir : Le Soudan, la Somalie, l’Erythrée et le Tchad qui est en phase de transition.


2024-01-27 20:25:46 / pascaline@magoe.gn

0 commentaires

Votre impression compte aussi