Thème :  Technique de l'expression

Sous-thème :  Le commentaire composé

Titre : Exercice d'application

Objectif du cours : Ce cours vise à appliquer les élèves au cours théorique du commentaire composé.

Intérêt : Il permet aux élèves de maîtriser les étapes du commentaire et leur permettre d'aborder les principes théoriques.

Supports didactiques

Dictionnaire de français

" Sous l'orage " P. 142

Motivation : Inviter les élèves à suivre le cours.

Activité d'apprentissage : Interaction.

Résumé :

Faites le commentaire du texte suivant.

Texte d'étude

Une demi-douzaine de jeunes filles avançait en dansant. Une demi-douzaine de garçons marchait vers elles. Autour du feu de bois évoluaient des torses noirs, s'épanouissaient des visages noirs éclairés par la lune et des sourires joyeux.

- Vous n'avez pas ça à la ville ! dit Tiéman avec une enfantine fierté.

- Je n'allais pas au tam-tam, répondit Birama, sans quitter des yeux la danse et les danseurs.

- Pourquoi ?

- Euh ! ... Eh bien ...

- Ah oui ! ... je vois, ça ne t'intéresse pas. Tu n'es d'ailleurs pas le seul, tous les jeunes évolués sont comme toi.

Tiéman s'approcha et mit la main sur l'épaule de son ami.

_ Mon vieux ! Vous avez tort. Nous avons de très belles danses, une très belle musique.

Birama fit l'étonné. Il regarda Tiéman sans mot dire.

- Oui, oui, insista l'infirmier, vous avez tort de vouloir tout laisser tomber. Vous avez tort d'essayer d'imiter les Européens en tout. Comprends-moi bien. L'homme européen n'est qu'un des multiples aspects de l'homme. On ne vous demande pas d'être Européens. On ne vous demande pas de vous défigurer.

Birama essaya de placer un mot. Mais Tiéman ne lui en laissa pas le temps.

- Il n'est pas question pour vous de fuir votre milieu. Cherchez plutôt à agir sur lui. Cherchez à sauver ce qui doit être sauvé et essayez d'apporter vous-même quelque chose aux autres : une figure dans l'ébène, le paysage rutilant de chez nous sur une toile de peintre !

Tiéman oubliait le tam-tam. Il prononçait ces dernières paroles avec une chaleur toute particulière. Puis, il bourra sa pipe de terre cuite et frotta une allumette.

- Il ne s'agit pas évidemment de tout accepter. Mais faites un choix. Les coutumes sont faites pour servir les hommes nullement pour les asservir. Soyez réalistes ; brisez tout ce qui enchaîne l'homme et gêne sa marche. Si vous aimez réellement votre peuple, si vos cris d'amour n'émanent pas d'un intérêt égoïste, vous aurez le courage de combattre toutes ces faiblesses. Vous aurez le courage de chanter toutes ses valeurs.

Seydou Badian Kouyaté

" Sous l'orage " Ed. François Maspero. 1964 P.142

Commentaire possible :

Extrait de " sous l'orage " de Seydou Badian Kouyaté parut en 1957 aux éditions " les presses universelles ", ce texte présente la réalité sociale dans laquelle se trouvait le peuple africain face à la rencontre des cultures occidentale et africaine. Il tourne autour de deux centres d'intérêt dont le tort de l'aliénation culturelle et la prise de conscience.

En effet, l'aliénation culturelle est un facteur de déracinement qui pousse la jeune génération à abandonner totalement leurs valeurs traditionnelles au profit des valeurs occidentales. Ainsi nous présente cet abandon des jeunes comme une ignorance totale de la part des jeunes. C'est-à-dire que les jeunes ont l'impression que l'Afrique ne regorge pas de beautés artistiques. Pourtant l'auteur nous l'affirme très tôt « Nous avons de très belles danses, une très belle musique. » Puis il démontre cette beauté dès les premières phrases par la joie immense qui tourne autour des chants et danses « évoluaient des torses ... s'épanouissaient ... sourires joyeux. » Cette figure d'amplification utilisée (gradation selon une progression croissante) est un signe de satisfaction, donc de beauté.

Par ailleurs, malgré la richesse de cette beauté artistique de la tradition africaine, « en ville » nous apprend l'auteur, cette tradition n'a aucune valeur. Car « les jeunes évolués » n'ont aucune considération à l'égard de cette tradition. Ils sont obscurcis par les valeurs occidentales. Il jette ainsi un regard accusateur dans ces termes : « vous avez tort » suivi d'une répétition de la même expression avec le même ton.

Outre, en dehors de cette remise en question à l'endroit des jeunes, il les incite à la prise de conscience. Non seulement, il estime que les valeurs ancestrales demeurent un héritage pour les africains, et s'il en est donc ainsi « cherchez à sauver ce qui doit-être sauvé. » Puis il définit le rôle de la nouvelle génération à l'égard de leur héritage. Ils sont ainsi censés y apporter une forme à l'authenticité des valeurs ancestrales d'où l'expression : « essayez d'apporter vous-même quelque chose aux autres, une figure dans l'ébène, le paysage rutilant de chez nous sur une toile de peintre. »

Ensuite, l'auteur marque la prise de conscience à travers l'attitude que les jeunes générations doivent adopter à l'endroit des deux cultures. D'abord il estime que tout n'est pas rose, c'est-à-dire que tout n'est pas à prendre dans nos valeurs. Car « il ne s'agit pas de tout accepter ». Autrement il existe des faits négatifs dans nos cultures. Par ailleurs d'autres valeurs sont à accepter. Parallèlement, les cultures occidentales sont autant parfois négatives et parfois positives. Donc l'auteur invite les jeunes générations à faire preuve d'une conciliation prudente entre les deux cultures « (...) faites un choix ... brisez tout ce qui enchaîne l'homme et gène sa marche. »

En somme, nous pouvons retenir que ce texte de Seydou Badian retrace à la fois l'aliénation culturelle de la nouvelle génération et invite à la prise de conscience fondée sur la conciliation prudente entre les cultures. Il (ce texte) représente une présentation de l'attitude à adopter face au mondialisme et nécessiterait par conséquent être inculqué dans l'esprit des jeunes. Ainsi, non loin de ce texte, d'autres auteurs ont évoqué d'une manière ou d'une autre l'attitude que doit adopter cette génération, c'est le cas notamment de l'écrivain ivoirien Bernard Dadié dans son " Climbié " qui à travers le symbole évoque la valeur de l'identité d'une communauté par la " langue ", imposant par-delà la considération de la langue maternelle, mais aussi la nécessité de comprendre les langues étrangères.


2020-10-09 08:14:06 / lamsso93@magoe.gn

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