L’avènement des indépendances p permis à la plupart des pays colonisés de recouvrer leur indépendance politique. Cependant, sur le plan économique ils restent soumis à une exploitation atroce qui affecte dangereusement leur mode de vie. Cette nouvelle forme de domination se manifeste sur les suivantes :

  • L’échange inégal dans le commerce international ;
  • L’exploitation financière ;
  • Le transfert de technologie et la dépendance technique ;
  • L’instabilité politique ;
  • La mauvaise gouvernance
  • La difficile alternance du pouvoir.
  • L’insuffisant développement du tiers-monde s’explique de nos jours par le biais de plusieurs facteurs, qui selon leur nature, peuvent être classés en deux (2) groupes à savoir : Les facteurs économiques et les facteurs non économiques.

    A-  LES CAUSES ECONOMIQUES DU SOUS-DEVELOPPEMENT.

    Economiquement, le retard dans le développement des pays sous-développés s’explique par les relations de force qui caractérisent les échanges Sud-Nord.

    1- L’INEGALITE DANS LE COMMERCE I NTERNATIONAL.

    Le commerce international est un échange de marchandises (Biens, services, capitaux) entre deux ou plusieurs nations. Il est l’ensemble des exportations et des importations de marchandises.

    Cette activité transnationale met en scène deux groupes de pays : Les pays en voie de développement connus majoritairement comme exportateurs de produits primaires (Ex : Le Coton) dont les prix évoluent généralement à la baisse et les pays développés reconnus comme exportateurs de biens manufacturés (Ex : Les voitures) dont les prix évoluent au rythme d’ascenseur.

    De cette évolution des prix, les pays en développement enregistrent une détérioration des termes de l’échange, base de l’inégalité dans le commerce international.

     Les véritables causes de cette situation sont : Le manque de concertation entre les pays sous-développés sur la production des matières premières, l’excès de l’offre en matières premières, le manque d’unités de transformation, la mono-exportation, la faible représentativité des pays sous-développés dans les instances économiques de décision, …

    Cette inégalité engendre des conséquences telles que :

  • L’augmentation de la dette extérieure
  • La baisse des recettes d’exportations
  • La baisse des capacités d’investissement local
  • La sortie des capitaux pour le payement de la dette
  • La pauvreté.
  • Pour remédier ce problème, il faut : Promouvoir le secteur industriel pour la diversification des exportations, créer des ententes de producteurs de matières premières, la maitrise des offres de matières premières, développer le commerce sud-sud, …

    2- L’EXPLOITATION FINANCIERE.

    L’exploitation financière est toute opération de domination ou de gaspillage résultant de la course au financement extérieur. C’est une exploitation liée au transfert de capitaux. Elle se manifeste par l’implantation des entreprises via les investissements directs étrangers et les opérations de crédits.

    Les motivations de ce processus sont externes et internes :

    A l’externe chez les pays développés, nous avons : La conquête des marchés étrangers, la recherche des sources de matières premières, la corruption des agents publics pour l’obtention des monopoles, la réalisation de meilleurs placements financiers, la recherche de la main-d’œuvre moins qualifiée à bon marché, …

    A l’interne chez les pays sous-développés, on peut citer : L’absence de grandes entreprises concurrentes, la faible mobilisation des ressources financières, le chômage massif et la pauvreté, la recherche des partenaires au développement, les contraintes de coopération internationale, …

    En dépit de toutes ces motivations internes, l’exploitation financière asphyxie les économies sous-développées par ses conséquences telles que :

  • L’ingérence dans les affaires internes
  • La dépendance économique et financière
  • Le rapatriement abusif des bénéfices
  • L’augmentation du poids de la dette extérieure
  • L’épuisement des ressources naturelles
  • L’aggravation de la pauvreté
  • Pour parer cette situation, il faut impérativement : Mettre en place une bonne politique fiscale pour une mobilisation et une gestion saine des ressources financières internes, encourager les investissements locaux, protéger les entreprises locales contre la concurrence étrangère, règlementer les investissements étrangers, limiter les rapatriements de bénéfices, contrôler les flux financiers, …

    3- LE TRANSFERT DE TECHNOLOGIE

    Le transfert de technologie est une opération de cession ou transmission de connaissances ou d’expériences entre différentes parties (Etats, entreprises, centres de recherches scientifiques) pour des raisons commerciales ou de développement.

    De nos jours, la technologie est transférée vers les pays sous-développés sous les formes suivantes :

    - l’assistance de la main-d’œuvre qualifiée (Les experts) ;

    -La cession des droits d’usage ;

    -La livraison de documents ;

    -La vente des équipements.

    La consommation abusive de la technologie étrangère ‘explique par : Le manque de révolution scientifique, le manque d’innovation des techniques locales, la faible mobilisation des ressources humaines, le manque d’investissement dans les travaux de recherches et développement, le manque de coopération scientifique, …

    Quant aux conséquences, elles restent avantageuses et néfastes :

    LES AVANTAGES :

  • L’amélioration du niveau de formation
  • L’accroissement de la productivité du facteur travail
  • La croissance sectorielle de l’économie
  • L’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires
  • L’aisance économique et sociale
  • LES INCONVENIENTS :

  • La dépendance technologique
  • La fuite des capitaux
  • Les contraintes de limitation dans la production
  • Le cout élevé de la main-d’œuvre étrangère et des licences d’exploitation
  • L’appauvrissement des producteurs locaux artisans.
  • Pour mettre un terme à ce phénomène, il serait judicieux pour les pays en développement d’expérimenter les solutions comme :

    -La construction des centres de recherches scientifiques

    -Accroitre l’investissement dans le capital humain

    -Mobiliser toutes les ressources humaines internes

    -Innover les techniques locales

    -Promouvoir la coopération scientifique Sud-Sud.

    B- LES CAUSES NON ECONOMIQUES.

    Intérieurement, le retard dans le processus de développement des pays du sud dépend du désordre politico-institutionnel qui caractérise le fonctionnement de ces pays. Il s’explique par :

    1-  L’INSTABILITE POLITIQUE.

    L’instabilité politique est le dysfonctionnement ou la fragilité des institutions qui constituent l’appareil gouvernemental ou administratif de l’Etat. Elle demeure de nos jours une réalité éloquente dans la plupart des pays du tiers-monde, surtout ceux africains. Il est lié au non-respect des principes constitutionnels, à la violation des libertés fondamentales, à la répartition inégale des richesses, à l’ethnocentrisme démesuré ou le népotisme, à la mauvaise gouvernance, …

    Elle se manifeste généralement par :

    -La confusion au sommet de l’Etat

    -L’absence de dialogue politique et social

    -L’affaiblissement des institutions républicaines

    -La prééminence de l’exécutif sur autres pouvoirs

    -La politisation de l’administration

    L’instabilité politique provoque de dangereuses conséquences à savoir :

  • Les troubles politiques
  • Les pertes humaines et dégâts matériels
  • Les problèmes de coopération internationale
  • La baisse des investissements locaux et étrangers
  • La pauvreté et la stagnation économique.
  • 2- LA MAUVAISE GOUVERNANCE.

    Au sens économique, la mauvaise gouvernance est la gestion ou l’allocation malsaine ou irrationnelle des potentialités humaines, matérielles et financières disponibles. Elle est la devise principale des pays sous-développés et perçue par les Nations-Unies, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International comme la première cause actuelle du sous-développement.

    Les causes de la mauvaise gouvernance sont : L’incompétence administrative des dirigeants, l’inconscience des populations, l’insouciance des dirigeants, le développement des clans mafieux au sein de l’administration publique, la dictature, le favoritisme politique, …

    Les caractéristiques principales de la mauvaise gouvernance sont : La corruption, l’injustice et l’impunité, le détournement des deniers ou biens publics, la non prise en charge des priorités sociales (Education, santé, logement, …) des populations, des réalisations socialement non significatives.

    Au titre des conséquences, la mauvaise conduite à des crises comme :

  • L’inefficacité et l’improductivité des services publics
  • Le gaspillage des ressources et l’enrichissement illicite des dirigeants
  • L’incrédibilité de l’Etat à l’interne et à l’externe
  • La répulsion des investisseurs étrangers
  • La baisse de la croissance économique.
  • 3- LA DIFFICILE ALTERNANCE AU POUVOIR.

    Politiquement, la difficile alternance au pouvoir est le non-respect des principes constitutionnels relatifs à la conquête et à l’exercice du pouvoir de la magistrature suprême. Elle synonyme de dictature ou d’autocratie.

    Exemple : L’Ouganda avec l’administration Mousevenie, Le Cono Brazaville avec Denis Fasso Nguessou, La Lybie sous le règne du colonel Kadhafi, La Guinéé sous les règnes de Touré, Conté et Condé, …

    Les véritables raisons qui expliquent cette situation sont : Le gout démesuré du pouvoir, la désunion du peuple, l’impuissance de la branche législative, le contrôle du pouvoir judiciaire par l’exécutif, les craintes de poursuites judiciaires après le pouvoir, le communautarisme, …

    S’agissant des signes ou des traits de distinction, nous avons :

    -La modification de la constitution à la faveur de la majorité présidentielle,

    -L’instrumentalisation des jeunes et des femmes

    -L’instrumentalisation de la justice

    -La corruption des leaders et activistes pauvres

    -L’intimidation des leaders et activistes incorruptibles

    -L’usage de la politique « Diviser pour régner ».

    En volet conséquences, nous pouvons citer entre autres :

  • Les troubles politiques et sociaux
  • L’insécurité économique et sociale
  • Les assassinats ciblés et exils forcés
  • L’isolement diplomatique
  • La faiblesse des investissements et la pauvreté.

2024-01-24 11:12:30 / pascaline@magoe.gn

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