Sous-thème : Le XIXe siècle
Titre : Les courants littéraires
Sous-titre : Le Réalisme
Objectif du cours : Ce cours vise à illustrer le courant réaliste.
Intérêt du cours : Il permet aux élèves d'aborder les caractéristiques du réalisme à travers une étude d'illustration.
Supports didactiques :
" Le rouge et le noir " chapitre 13.
Dictionnaire de français.
Littérature française histoire et anthologie Hatier 1987 de Daniel Novy et Alain André, Page 291.
Activité d'apprentissage : Interaction.
Motivation : Inviter les élèves à suivre le cours.
Résumé :
Texte
Pendant son absence, la vie n’avait été pour Mme de Rênal qu’une suite de supplices différents, mais tous intolérables ; elle était réellement malade. – Surtout, lui dit Mme Derville, lorsqu’elle vit arriver Julien, indisposée comme tu l’es, tu n’iras pas ce soir au jardin, l’air humide redoublerait ton malaise. Mme Derville voyait avec étonnement que son amie, toujours grondée par M. de Rênal à cause de l’excessive simplicité de sa toilette, venait de prendre des bas à jour et de charmants petits souliers arrivés de Paris. Depuis trois jours, la seule distraction de Mme de Rênal avait été de tailler et de faire faire en toute hâte par Élisa une robe d’été, d’une jolie petite étoffe fort à la mode. À peine cette robe put-elle être terminée quelques instants après l’arrivée de Julien ; Mme de Rênal la mit aussitôt. Son amie n’eut plus de doutes. Elle aime, l’infortuné ! se dit Mme Derville. Elle comprit toutes les apparences singulières de sa maladie. Elle la vit parler à Julien. La pâleur succédait à la rougeur la plus vive. L’anxiété se peignait dans ses yeux attachés sur ceux du jeune précepteur. Mme de Rênal s’attendait à chaque moment qu’il allait s’expliquer, et annoncer qu’il quittait la maison ou y restait. Julien n’avait gardé de rien dire sur ce sujet, auquel il ne songeait pas. Après des combats affreux, Mme de Rênal osa enfin lui dire, d’une voix tremblante, et où se peignait toute sa passion : – Quitterez-vous vos élèves pour vous placer ailleurs ? Julien fut frappé de la voix incertaine et du regard de Mme de Rênal. Cette femme-là m’aime, se dit-il ; mais après ce moment passager de faiblesse que ce reproche son orgueil, et dès qu’elle ne craindra plus mon départ, elle reprendra sa fierté. Cette vue de la position respective fut, chez Julien, rapide comme l’éclair, il répondit en hésitant : – J’aurais beaucoup de peine à quitter des enfants si aimables et si bien nés, mais peut-être le faudra-t-il. On a aussi des devoirs envers soi. En prononçant la parole si bien nés (c’était un de ces mots aristocratiques que Julien avait appris depuis peu), il s’anima d’un profond sentiment d’anti-sympathie. Aux yeux de cette femme, moi, se disait-il, je ne suis pas bien né. Mme de Rênal, en l’écoutant, admirait son génie, sa beauté, elle avait le cœur percé de la possibilité de départ qu’il lui faisait entrevoir. Tous ses amis de Verrières, qui, pendant l’absence de Julien, étaient venus dîner à Vergy, lui avaient fait compliment comme à l’envi sur l’homme étonnant que son mari avait eu le bonheur de déterrer. Ce n’est pas que l’on ne comprît rien aux progrès des enfants. L’action de savoir par cœur la Bible, et encore en latin, avait frappé les habitants de Verrières d’une admiration qui durera peut-être un siècle.
Julien, ne parlant à personne, ignorait tout cela. Si Mme de Rênal avait eu le moindre sang-froid, elle lui eût fait compliment de la réputation qu’il avait conquise, et l’orgueil de Julien rassuré, il eût été pour elle doux et aimable, d’autant plus que la robe nouvelle lui semblait charmante. Mme de Rênal, contente aussi de sa jolie robe, et de ce que lui en disait Julien, avait voulu faire un tour de jardin ; bientôt elle avoua qu’elle était hors d’état de marcher. Elle avait pris le bras du voyageur et, bien loin d’augmenter ses forces, le contact de ce bras les lui ôtait tout à fait.
Stendhal « Le Rouge et le Noir " 1830
I -Explication des mots et expressions :
Malaise : Nom masculin, trouble plus ou moins léger de la santé, qui ne peut guère se localiser avec précision.
Faire en toute hâte : Réaliser une tache avec une promptitude pleine de vivacité et de rapidité.
Apparence singulière : Caractère plus ou moins bizarre, capricieux et qui affecte de se distinguer.
Infortuné : Personne qui vit dans l’infortune c'est-à-dire moins chanceux.
Précepteur : Nom masculin, personne chargée de l’instruction et de l’éducation d’un enfant.
II- Situation du texte :
Ce texte est extrait de l'œuvre intitulé " Le Rouge et le Noir " publiée en 1830. Son auteur Stendhal du vrai nom Henri Beyle est un écrivain réaliste né à Grenoble en 1783 et décédé en 1848. Très tôt orphelin de mère il fut élevé selon des principes rigoureux. Ainsi en réaction contre cette éducation catholique et royaliste, il se proclame athée et jacobin. Personnage controversé, il s'inscrit dans une carrière militaire la tête pleine d'héroïsme, pour démissionner en 1802. Convaincu des principes du romantisme qui le conduira dans un réalisme pur, il se lancera dans une carrière littéraire et publie à cette occasion plusieurs ouvrages dont : Les souvenirs d'égotisme en 1832, De l'amour en 1822 ; Armence en 1827 ; La chartreuse de parme 1840 ; etc. Dans Le Rouge et le Noir, il raconte l'ascension sociale d'un jeune homme, Julien Sorel, dans la bourgeoisie provinciale, puis l'aristocratie parisienne de 1830.
III - Questions de compréhension :
1 - De quoi l'auteur nous parle dans ce texte ?
- Dans ce texte, l'auteur nous parle de la passion d'une femme noble envers le précepteur de ses enfants.
2 - Repérez dans le texte des fragments du monologue intérieur de Julien ; quelle distinction faites-vous ?
- Dans ce texte, les fragments du monologue intérieur de Julien se distinguent par deux choses :
Son constat :
« Cette femme-là m’aime »
Sa pensée :
« Dès qu’elle ne craindra plus mon départ, elle reprendra sa fierté »
« Je ne suis pas bien né »
3 - Qu'est-ce qui occupe le jeune précepteur ?
- Animé par un sentiment d'infériorité, le jeune précepteur ne songe qu'à son ascension sociale non seulement en faisant bien son travail, mais aussi en se faisant une place digne et respectable au sein de la société. Car comme l'a-t-il dit : « on a aussi des devoirs envers soi. »
4 - Relevez des passages qui démontrent la passion de Madame de Rênal.
- Les passages qui démontrent la passion de Madame de Rênal sont :
« La vie n’avait été pour Mme de Rênal qu’une suite de supplices différents ».
Le changement de caractère à travers ces « apparences singulières ».
« La pâleur succédait à la rougeur la plus vive ».
5 - Qui dans cette scène pourrait voir la passion de la jeune femme ? A quoi sert sa présence ?
- La mieux placée à constater la passion de la jeune femme est son amie Madame Derville.
- La présence de Madame Derville sert non seulement à constater la réalité c'est-à-dire le changement de son amie, mais aussi à être témoin que Julien est celui qui est aimé par la force de la nature.
6 - Sur quel ton les détails de cette passion sont relatés ?
- Les détails de sa passion sont relatés sur un ton pathétique.
IV - Synthèse :
A travers ce passage l'auteur peint la réalité telle qu'elle se présente et démontre le mécanisme d'ascension sociale de Julien. Il s'inscrit à cet effet dans la lignée du courant réaliste.
Clôture sociale
Remercier et encourager les élèves.
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2022-12-06 15:53:25 / saoudatoudiallo67@magoe.gn
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