Thème : le réveil des consciences
Sous-thème : La négritude.
Texte d’étude : Partir.
« Au bout du petit matin bourgeonnant d’anses frêle, les Antilles qui ont faim, les Antilles grêlées de petites véroles, les Antilles dynamitées d’alcool échouée dans la boue de cette baie dans la poussière de cette ville, sinistrement échoué. »
Je serai un homme juif,
Un homme caffre
Un homme hindou de Calcutta
Un homme de Harlem qui ne vote pas
L’homme famine, l’homme insulté,
L’homme torturé.
Mon cœur bruissait de générosité emphatique.
J’arriverai lisse et jeune dans ce pays mien et je dirai à ce pays…
« J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de nos plaie »
Et je lui dirai : « Ma bouche sera la bouche des malheureux qui n’ont point de bouche, ma voie la liberté de ceux qui s’affaissent au cachot du désespoir ».
Aimé Césaire
‘’Le cahier d’un retour au pays natal’’1939
Vocabulaire :
Explication des mots et expression.
Anse : Une large avancée de la mère dans la terre (baie, petit golfe).
Grêle : Beaucoup de corps, chétif.
Petite vérole : Se disait autre fois variole
Emphatique : Représente les choses plus grandes qu’elles ne le sont (exagération).
Hideur : Aspect de ce qui est horrible, affreux.
S’affaissent : S’effondrent ne plus tenir debout
Présentation :
Ce texte est un extrait du ‘’cahier d’un retour au pays natal’’ d’Aimé Césaire publié en 1939. C’est le premier message poétique d’Aimé Césaire considéré par certain critique comme étant la bible de la décolonisation.
Le cahier évoque à la fois les souvenirs littéraires du poète et son retour réel au pays natal. Son auteur est né en 1913 à la Martinique. Après ces études secondaires au lycée Schoelcher de fort de France, il vient à paris où il rencontre Senghor dont il dira :
« C’est lui qui m’introduit en Afrique ».
Il est l’un des animateurs de ‘’L’Etudiant noir’’ 1934.
Il écrit entre autres :
‘’Cahier d’un retour au pays natal’’ 1939 ;
‘’Les armes miraculeuses ‘’ 1946 ;
‘’Discours sur le colonialisme’’1955 ;
‘’Une saison au Congo’’ 1966 ;
‘’Une tempête’’ 1969.
Etude détaillée :
Le Cahier débute par une description des Antilles très différentes « Îles heureuses » dont les poètes avaient juste alors considéré comme des paradis tropicaux.
Cette noix de Césaire dénonce en peu de mot le mensonge des uns et l’illusion des autres. Nous voilà dérouler : qui dit vrai ? il faut bien pourtant se rendre à l’évidence et se résoudre à une réalité désenchantée car depuis les témoignages, ont abordé et Frantz Fanon assure que : « Césaire fût magnanime (gentil, généreux) … cette ville Forte de France est véritablement plate, échouée. La description qu’en donne Césaire n’est nullement poétique il ne fait que décrire la réalité en hottant de nos yeux des lunettes roses peut être les indigènes. »
Dans un premier élan, il veut « Partit » pour assurer la souffrance de tous les opprimés du monde.
Je serai un homme Juif
L’Homme de Harlem qui ne vote pas…
L’Homme torturé.
Césaire à décrit ainsi les phases successives de la prise de conscience de sa négritude. La misère physique et Morale des Martiniquais ont provoqué en lui une immense pitié et il en fait désormais forces pour aider les malheureux : « Mon cœur bruissais… j’arriverai lisse et je dirai à ce pays. » Mais en même temps cette détresse l’accable, son idéale juvénile veut embrasser la cause de tous les opprimés : » Ma bouche sera la bouche des malheureux qui n’ont point de bouche, Ma voix la liberté de ceux qui s’affaissent au cahot du désespoir. »
En regardant en place la misère de son peuple, Césaire a compris que ce n’est pas un spectacle devant lequel on pouvait Croiser les bras. Agissant au nom de cette conviction, Voulant être le guide de son peuple, Aimé Césaire regagne sa Martinique natale pour assurer pleinement son rôle d’où le titre « Le cahier d’un retour au pays natal. »
2022-11-29 12:44:12 / saoudatoudiallo67@magoe.gn
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