Objectif du cours : Ce cours vise à élucider la théorie de la table rase sur le continent africaine.

Intérêt du cours : Il permet à l’élève de découvrir les fondements de l’aliénation culturelle du nègre et la colonisation.

Supports didactiques : Friedrich Hegel « la raison dans l’histoire » Edition 10/18 Département d’Univers Poche, traduction Papaioannou, 1965. Page

Activité d’apprentissage : Méthode interactive

Résumé :

La théorie de la table rase est l’idée européenne selon laquelle le continent africain est dépourvue de valeurs artistiques et culturelles. Cette théorie a été mise au point afin de légitimer la colonisation qui est donc fondée sur une mission civilisatrice. C’est ainsi que des intellectuels ont nourri la théorie. Friedrich Hegel fut l’un d’eux à travers son essai « la raison dans l’histoire ».

Texte d’illustration : Friedrich Hegel ‘’La raison dans l’histoire’’

L’Afrique proprement dite est la partie de ce continent qui en fournit la caractéristique particulière. Ce continent n’est pas intéressant du point de vue de sa propre histoire, mais par le fait que nous voyons l’homme dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l’empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation. L’Afrique, aussi loin que remonte l‘histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance qui, au-delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans le cœur noire de la nuit. S’il en est ainsi fermé, cela tient non seulement à sa nature tropicale, mais essentiellement à sa constitution géographique. Encore aujourd’hui elle demeure inconnue et sans aucun rapport avec l’Europe. L’occupation des côtes n’a pas incité les Européens à avancer vers l’intérieur. Le pays forme un triangle : à l’Ouest, c’est la côte atlantique où le golfe de Guinée forme un profond angle rentrant ; à l’Est, du Cap de la Bonne Espérance jusqu’au Cap Gardafui, c’est la côte du Grand Océan ; au Nord, c’est le désert et le Niger. La partie la plus septentrionale a un autre caractère à cause de sa relation avec les Européens. Le pays dans son ensemble semble être un haut plateau qui ne présente qu’une bande côtière très étroite, habitée seulement en un petit nombre d’endroits. Dès qu’on avance vers l’intérieur, on trouve, presque partout, une ceinture marécageuse. Elle forme le pied d’une ceinture de hautes montagnes, traversée par quelques rares fleuves qui eux-mêmes ne permettent aucune relation avec l’intérieur, car leur percée n’a eu lieu que peu au-dessous du niveau des montagnes et seulement en des lieux étroits où se forment fréquemment des chutes d’eau non navigables, et des courants qui se croisent avec violence.

La partie septentrionale de l’Afrique proprement dite semble elle aussi fermée par une semblable barrière montagneuse, les Monts de la lune, au sud du Niger. La zone côtière de l’Afrique a été, depuis des siècles, occupée par les Européens, mais ces derniers n’ont pénétré à l’intérieur que depuis une quinzaine d’années. Dans les contreforts du Cap de Bonne Espérance, les missionnaires ont récemment franchi les montagnes. A Mozambique, sur la côte orientale, à l’Ouest sur le Congo et sur le Loango, et aussi sur le Sénégal qui coule à travers des déserts de sables et des montagnes, et en Gambie, les Européens se sont fixés sur la bande côtière. Mais s’il y a désormais trois siècles ou trois siècles et demi qu’ils la connaissent et qu’ils y ont affermi leur domination sue quelques endroits, pendant toute cette période, il ne se sont aventurés que rarement, en quelques points et pour peu de temps sur ces montagnes, et ils ne s’y sont pas établis. La zone côtière est en partie sablonneuse et peu habitable ; mais plus loin, vers l’intérieur, elle est fertile. Si l’on avance encore vers l’intérieur, on rencontre une bande marécageuse à la végétation luxuriante, qui abrite toute sorte d’animaux féroces et qui dégage une atmosphère pestilentielle, presque empoissonnée. C’est ce qui, comme à Ceylan, a rendu presque impossible toute pénétration. Les Anglais et les Portugais ont souvent envoyé à cet effet des troupes en nombres suffisant, mais dans cette région la plupart des hommes mouraient et les autres étaient toujours mis en déroute. Puisque tant de fleuves coupent les chaines montagneuses, on pourrait croire que l’accès à ces régions serait possible par la voie fluviale. Mais on a vu pour le Congo, qui est considéré comme une dérivation du Niger, et pour l’Orange, qu’ils ne sont navigables que sur une courte portion et qu’ils sont ensuite barrés par des chutes fréquentes et infranchissables. Etant donné cette configuration naturelle, les Européens n’ont pu acquérir que peu de connaissances sur l’intérieur de l’Afrique. En revanche, des peuples en sont parfois sortis, qui se sont montrés si barbares et sauvages que toute possibilité de nouer des relations avec eux était exclue. Ces incursions ont lieu de temps en temps, elles constituent les traditions les plus anciennes de cette partie du monde. On rapporte qu’aux XV-XVI siècles, d’horribles hordes, venant de l’intérieur, se sont abattues, en plusieurs endroits très éloignés les uns des autres, sur les habitants plus paisibles des pentes et des régions côtières. Plusieurs nations qu’on rencontre sur la côte ouest semblent être des vestiges de ces invasions. Des hordes de nègres ont pénétré aussi en Abyssinie. Quand leur rage prit fin, elles se sont installées dans la région côtière où elles se sont apaisées ; aujourd’hui elles se montrent douces et industrieuses et rien, à première vue, ne semble indiquer une quelconque barbarie. Cette tempête a-t-elle été provoquée par un mouvement intérieur et lequel ? On ne sait. Ce que l’on a su toutefois de ces hordes c’est le contraste de leur attitude, qui manifestait, dans ces guerres et ces expéditions l’inhumanité le pus irréfléchi et la brutalité la plus répugnante ; mais, leur rage ayant pris fin, elles se montraient, dans le temps calme de paix, douces et bonnes pour les Européens avec lesquels elles avaient fait connaissance. Il en est ainsi des Fullahs, des Mandingues, qui habitent les terrasses montagneuses du Sénégal et de la Gambie.

Questions de compréhension :

  1. Selon vous quelle est la pensée d’Hegel sur la colonisation de l’Afrique ?

Conformément à la description de l’Afrique par Hegel, le continent africain se divise en deux parties l’Africain « Jaune » et l’Afrique noire dont la deuxième est censée être la partie inférieure à la civilisation de l’homme vivant dans un état de « barbarie et de Sauvagerie ». Donc nous pouvons en déduire que Hegel n’était pas favorable à la colonisation de l’Afrique toute entière, mais de l’Afrique noire seulement.

  1. Expliquez les métaphores suivantes en tirant une synthèse.

Pays de l’or : L’auteur évoque les richesses du continent noir dominé par l’or. Cet or est un symbole de prestige, de pouvoir, de prospérité même de paix. D’ailleurs même le roi de l’or (Kaya Magan) de l’empire du Ghana au Xe siècle en est une illustration, d’autant plus près, Mansa Moussa de l’empire du Mali au XIVe siècle a marqué non par son pèlerinage à la Mecque mais offrant de l’or en aumône au point que le cours de l’or chuta dans la région pendant des années.

Pays de l’enfance : puisque l’enfance est la première période de l’être humain qui s’étend de la naissance à l’adolescence alors l’Afrique « proprement dite » serait à la première période de l’Homme, c’est-à-dire la « préhistoire consciente » donc à l’état de « sauvagerie ». Mais Hegel laisse à l’Afrique un avenir car l’enfant est habilité à être adulte.

  1. Puisque Hegel évoque une certaine évolution n’y a -t-il pas de rapport entre la théorie de la table rase et la théorie évolutionniste de Charles Darwin ?

La théorie de Darwin implique que les espèces vivants d’excédent d’autres espèces vivantes et que les variétés de l’espèce sont situées à la transformation de l’espèce.

Ainsi, à analyse de sa théorie, l’on pourrait présager que la race blanche est le dernier fruit de la mutation des variétés de l’espèce humaine. Donc les blancs sont supérieurs aux autres. Suite à cela, il s’avère que des perspectives du Darwinisme pourrait être en rapport avec la théorie de la table rase.

Par ailleurs d’autres intellectuels blancs se sont insurgés contre cette théorie qui annihile les valeurs artistiques de l’Afrique, c’est notamment le cas Léo Victor Frobenius.

 


2020-07-04 07:40:51 / finekoumbassa@magoe.gn

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