Il y a plusieurs moyens d’améliorer la situation de l’emploi en Afrique : Malgré les remarques faites précédemment, il y a d’abord la formation : il est essentiel que les pays continuent à développer la formation, l’éducation continue et l’enseignement, ainsi que tous les moyens d’améliorer les compétences, en accordant une attention particulière aux jeunes. Mais la formation professionnelle ne doit plus être considérée comme un simple moyen de « ramener à l’école » les jeunes pour lesquels le système éducatif de base a échoué. Il faut un système de formation qui assure aux jeunes un maximum de compétences durables. Elle doit améliorer les compétences liées à des technologies précises et les développer par la suite sur le lieu de travail.

Une agriculture moderne pourrait aussi être un moyen très important de création d’emplois et de richesse, et absorber un grand nombre de jeunes candidats à la migration ou de jeunes qui sont actuellement sous-employés. Mais pour cela, il faut trouver les stratégies qui rendent l’option agricole suffisamment attractive pour que les jeunes s’y engagent ; il faut, entre autres, passer d’une agriculture centrée sur la subsistance à une agriculture qui se soucie davantage de la commercialisation, des gains de productivité par l’innovation technologique.

Des haricots verts éthiopiens déstinés à l'exportation.
Les régions rurales pourraient devenir plus attrayantes pour les jeunes travailleurs, ce qui, à la longue, freinerait l’exode rural.
L’économie de beaucoup de pays africains dépend encore de la production d’une ou deux marchandises de base. Ils pourraient diversifier leurs activités, en transformant ces marchandises ou en développant l’industrie manufacturière légère.
Les pays qui cherchent des solutions immédiates et de court terme pour remédier au problème du chômage retiennent souvent les projets de travaux publics. Mais dans un contexte de pauvreté chronique, ces projets n’ont pas d’effet important ou durable. Les emplois ainsi créés sont de courte durée — 4 mois environ — et les salaires sont bas.
On peut encore encourager la diaspora africaine à investir. Ils peuvent contribuer à la création d’emplois par le biais des envois de fonds. Des Africains à l’étranger ont, dans plusieurs pays, financé des projets collectifs dans leur village (la poste, le système d’alimentation en eau potable, des dispensaires communautaires et la rénovation des écoles). De même, de retour, cette diaspora peut tirer parti de son expérience et de ses contacts pour établir des entreprises.
Pendant longtemps, le secteur public a été le plus gros pourvoyeur d’emplois en Afrique. Aujourd’hui, il ne peut plus remplir ce rôle. Il faut donc que l’État fasse tout pour mettre en place des conditions propices au développement du secteur privé, qui provoquera une augmentation de l’investissement et de l’emploi.
Les gouvernements africains luttent contre le chômage à plusieurs niveaux. Au Sénégal, 200 000 Sénégalais arrivant chaque année sur le marché du travail, le président Macky Sall a lancé en février 2013 un programme visant à créer 30 000 emplois en un an et éventuellement 300 000 avant 2017. La Banque africaine de développement (BAD) finance certains de ces programmes qui visent à l’auto-emploi des jeunes et des femmes.
Un certain nombre de gouvernements africains, toutefois, se sont efforcés de joindre les actes à la parole. C'est ainsi que le Ghana a mis en place un service national de la jeunesse et des programmes d’autonomisation visant à doter les diplômés de l’enseignement supérieur des compétences requises et à les aider à trouver un emploi. Maurice a élaboré un plan visant à inciter les jeunes à se tourner vers l’enseignement technique et la formation professionnelle. La Zambie a adopté une politique nationale pour la jeunesse et créé un fonds pour les jeunes entrepreneurs afin de stimuler la création d’emplois.
L’effet de ces initiatives nationales sur le taux de chômage des jeunes reste à évaluer. Mais il n’y a « pas de solution miracle », a indiqué M. Ncube, qui a recommandé « de renforcer les mécanismes de création d’emplois ». La Banque mondiale propose une stratégie pour l’emploi qui accorde plus d’attention au développement rural. L’investissement dans l’agriculture ralentit l’exode rural des jeunes et les prépare au marché du travail.
La Brookings Institution préconise de mettre l’accent sur la production industrielle, « le secteur le plus étroitement associé à une forte croissance de l’emploi ». Elle encourage aussi l’accroissement des investissements dans l’agriculture, le tourisme, le bâtiment et dans les projets qui emploient des jeunes.
L’Union africaine préconise également d’accroître les investissements dans l’agriculture et demande à ses membres d'y consacrer 15 % de leur budget national.
En plus, dans de nombreux pays africains, les économies dépendent encore beaucoup de la production de matières premières (pétrole, gaz, or, bois, diamant, aluminium, etc.), mais cela est en train de changer. Des économies plus diversifiées sont en cours d’émergence. Pour s'en convaincre il suffit de regarder tous ceux qui investissent dans les domaines des télécommunications, de la mode, du marketing, entre autres. À mesure qu’ils réussissent, on comprend qu'il faut une reforme des économies africaines afin de créer un secteur privé plus dynamique, plus ouvert et plus compétitif. C’est ce genre de changement qui est le plus prometteur pour les millions de jeunes sans emploi en Afrique.
Conclusion
En resumé, les principaux objectifs à réaliser pour faire face aux problèmes de l’emploi des jeunes sur les marchés du travail sont les suivants : intégrer les programmes et politiques en faveur de l’emploi des jeunes ; réformer l’éducation ; établir des partenariats public-privé pour rassembler les ressources nécessaires et assurer aux jeunes des soins de santé.
Par ailleurs, il est essentiel que les leaders africains, au-delà de l’emploi, développent des stratégies intégrées pour la jeunesse incluant, entre autres, l’amélioration de leur participation à la vie politique et à l’action sociale.
2020-06-24 09:11:23 / mazoughou@magoe.gn
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