Définitions

Le terme est issu du Latin populaire « caumare » dérivé du grec ancien « καυμα » (kauma), signifiant « se reposer pendant la chaleur ». Jusqu'au xixe siècle il signifie une cessation d'activité en général, pour quelque cause que ce soit.

Selon le BIT (Bureau international du travail), est chômeur toute personne (de 15 ans ou plus) qui remplit les critères suivants :

  • « être sans travail », c’est-à-dire ne pas avoir d’activité, même minimale, pendant la semaine de référence ;
  • « être disponible pour travailler », c’est-à-dire être en mesure d’accepter toute opportunité d’emploi qui se présente dans les quinze jours, sans qu’une tierce obligation soit une entrave au retour à l’activité ;
  • « rechercher activement un emploi, ou en avoir trouvé un qui commence ultérieurement ».
taux de chômage = chômeurs au sens du BIT
population active

Quant au sous-emploi, il pourrait être défini comme la situation de personnes « qui travaillent involontairement moins que la durée normale du travail dans leur activité et qui étaient à la recherche d’un travail complémentaire ou disponibles pour un travail supplémentaire ».

D’après cette définition, chaque individu peut rentrer dans l’une des trois catégories suivantes :

  • Chômeur s’il remplit les critères de la définition,
  • actif occupé s’il travaille effectivement,
  • inactif s’il ne travaille pas et ne remplit pas les critères de définition du chômage (exemple : les retraités, les enfants, les étudiants…).

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On remarque d’abord qu’un certain nombre de personnes se trouvent entre une situation d’inactivité et de chômage (cf. zone 3). Parmi elles, beaucoup désirent travailler mais ne sont pas comptabilisées parce qu’elles ont trop peu de chance de retrouver un emploi (et sont donc dispensées de recherche d’emploi) ou parce qu’elles ont renoncé, par découragement, à rechercher un emploi. Dans ce dernier cas, il peut s’agir de chômeurs de longue durée subissant des cas d’extrême exclusion sociale, de mères au foyer désirant travailler mais n’entamant pas de démarche, ou encore d’étudiants choisissant de poursuivre leurs études à défaut d’avoir pu se faire embaucher.

La zone floue entre l’emploi et le chômage (cf. zone 2) s’accroît avec la multiplication des formes atypiques d’emplois : les travailleurs subissant un temps partiel non voulu, les personnes recherchant un emploi mais ayant un peu travaillé dans la semaine ou le mois de référence, ainsi que les personnes possédant un emploi précaire.

De même, on trouve des situations intermédiaires entre l’emploi et l’inactivité (cf. zone 1), situation occupée par les individus faisant le choix de travailler moins.

Enfin, les travailleurs clandestins ne sont pris en compte dans aucun des trois groupes (cf. zone 4).

Formes et types de chômage

Les science économiques distinguent plusieurs formes et types de chômages. Cette diversité s'explique par le fait que ces définitions visent à mettre en exergue des caractéristiques spécifiques et donc peuvent éventuellement se recouvrir :

  • Le chômage volontaire provient du refus de travailler résultant d'un niveau réputé trop bas des salaires ou de conditions de travail jugées non acceptables.
  • Le chômage involontaire correspond à la définition entendue par le BIT, Bureau International du Travail.
  • Le chômage d'attente, de recherche ou de prospection : chômage volontaire correspondant à la période d'investissement en information ou formation pour trouver le meilleur emploi (sachant que le chômeur peut disposer au cours de cette période d'un revenu de remplacement).
  • Le chômage frictionnel : chômage lié au délai nécessaire pour trouver un autre emploi. Ce type de chômage mesure l'imperfection du marché du travail (absence de transparence ou mauvaise information).
  • Le chômage de mobilité : les travailleurs employés sont en permanente mobilité. À tout moment, des individus quittent leur emploi pour changer d'entreprise, de région, de salaire, de poste, de conditions de travail. À la mobilité entre les différents emplois s’ajoutent les périodes de mobilité entre activité et inactivité.
  • Le chômage conjoncturel ou chômage cyclique illustre l'idée que l'emploi est tributaire du niveau de l'activité économique. Il peut résulter d'un ralentissement de l’activité ou de l’évolution négative de l’économie qui peuvent présenter un caractère cyclique.
  • Le chômage saisonnier, lié aux variations d’activité au cours de l’année dans certains secteurs économiques (exemple : le tourisme).
  • Le chômage résiduel désigne la partie non conjoncturelle du chômage (soit la différence entre chômage total et chômage conjoncturel)
  • Le chômage chronique ou chômage durable pointe le fait que certaines activités ou certaines catégories de personnes peuvent être confrontées de façon plus durable à une situation de chômage.
  • Le chômage structurel est causé par des rigidités aussi bien des salaires que des qualifications : « Il est dû à l'hétérogénéité du facteur travail et se produit généralement dans une économie non stationnaire [...] caractérisée par des changements dans les goûts des consommateurs et/ou des mutations technologiques »
  • Le chômage classique est lié selon Edmond Malinvaud à l'insuffisance des capacités de production ou au coût excessif du travail
  • Le chômage de croissance correspond à des demandes d'emploi non satisfaites et révélées par l'expansion économique. Ainsi des implantations nouvelles d'activité dans une région donnée créent potentiellement des tensions sur le marché de l'emploi local (par demande directe d'emplois ou par effet secondaire des nouveaux revenus distribués).
  • Le chômage effectif est le niveau de chômage calculé selon les normes édictées par le BIT, Bureau International du Travail.
  • Le chômage apparent ou chômage déguisé désigne des situations de sous-optimisation de l'emploi, masquant en réalité un chômage potentiel :
    • situation de sur-effectif dans les entreprises ou administrations
    • salaires plus élevés que la productivité moyenne des travailleurs.
  • Le chômage keynésien pointe le chômage engendré par une insuffisance de la demande effective
  • Le chômage marxien est une variante du chômage classique : « Les non-travailleurs » — générés par l'état de rareté de l'offre de capital par rapport à celle de travail — constituent une « armée de réserve » pesant sur les rémunérations et la condition de l'ensemble des travailleurs.
  • Le chômage partiel correspond à une réduction de temps de travail entrainant une réduction de rémunération.
  • Le chômage technique correspond à des arrêts de travail pour des motifs techniques : difficultés d'approvisionnement, indisponibilité des équipements, Occupation des locaux, intempéries...
  • Le chômage technologique correspond à des mutations et/ou pertes d'emploi occasionnées par le changement des méthodes de production.

2020-06-24 09:11:23 / mazoughou@magoe.gn

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